Physiker

Greg Zglinski

2022 | Long métrage de fiction

Durée: 90min

Dix physiciens nucléaires allemands, détenus par les Alliés dont le prix Nobel Werner Heisenberg, arrivent dans un camion délabré et sale au Farm Hall, un manoir isolé situé près de Londres. Ils restent longtemps sans nouvelle de leurs ravisseurs. Pourquoi ont-ils été enlevés ? Kurt Diebner est convaincu que les Alliés cherchent à découvrir leurs secrets sur la fabrication de la bombe atomique.
C’est alors que le commandant Rittner, qui supervise les opérations, vient leur expliquer les règles de vie du Manoir ainsi que leur emploi du temps. Il leur détaille aussi toute une série d’interdictions et d’ordres absurdes, tels que ne pas ouvrir les fenêtres, ne pas entrer dans les chambres des autres. Les conversations ne sont autorisées que dans le salon, le hall et les couloirs. Les scientifiques emménagent dans leurs chambres. Au cours des jours suivants, ils se familiarisent avec leur environnement et leurs nouvelles conditions de vie.
Heisenberg commence à soupçonner qu’ils sont sur écoute mais malgré des fouilles minutieuses de leur chambre, il ne trouve aucune trace de micros. Il décide avec Weizsäcker qu’ils mettront tout en oeuvre pour que les secrets des découvertes scientifiques allemandes ne soient pas dévoilés. A Farm Hall, Otto Hahn tente d’expliquer ses découvertes sur la fission nucléaire. Dès qu’il commence à parler de ses recherches, Heisenberg et Weizsäcker le distraient et masquent sa voix en entonnant des chants.
Quelques semaines après leur arrivée, Otto Hahn reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux réalisés en collaboration avec Lise Meitner, scientifique autrichienne d’origine juive qui a dû fuir l’Allemagne. Pendant ce temps, Lise Meitner de l’Université de Stockholm donne une conférence devant un auditorium complet. Selon elle, le travail d’un scientifique est de découvrir la réalité, par son interprétation. Grande joie pour tous, une fête est organisée le soir-même. Mais Otto Hahn se laisse envahir par une humeur dépressive. La nuit, il casse la vitre d’une fenêtre et s’échappe en courant. Le lendemain, il est retrouvé transi de froid. A Stockholm, à une étudiante qui lui demande si elle a déjà réfléchi aux conséquences de l’utilisation des armes nucléaires, Lise Meitner lui répond ainsi :
« Ici, nous ne pensons pas aux conséquences, nous nous interrogeons sur la nature des choses ».
A mesure que le temps passe, les scientifiques sont de plus en plus inquiets et commencent à se poser des questions. Combien de temps vont-ils rester enfermés ici ? Qu’arrive-t-il à leurs familles, restées en Allemagne à la fin de la guerre ? Pour tuer le temps, ils discutent et jouent aux cartes. Enfin, voici qu’ils reçoivent la permission d’écrire des lettres à leurs proches.
Le même jour, ils apprennent que les Américains ont largué une bombe atomique sur Hiroshima. Quelque 100’000 personnes ont été tuées. Les scientifiques sont sous le choc. Hahn est brisé et, une fois de plus, se reproche sa découverte. Heisenberg n’y croit pas; selon lui, les Américains n’avaient pas les connaissances nécessaires pour produire une telle bombe. Mais sur la BBC, le journal télévisé du soir confirme l’explosion d’une bombe H.
Devant l’Université de Stockholm, un groupe de journalistes bloque Lise Meitner et l’assaille de questions. Comment vous sentez-vous en tant que «mère» de la bombe atomique ? Vous considérez-vous comme un agresseur ou une victime ? Quelle est votre par de responsabilité ? Que ressentez-vous ?
Les dix scientifiques partent en voyage à Londres. Des hauts-parleurs diffusent un reportage radiophonique décrivant les atrocités d’un second bombardement, sur Nagaski cette fois. Les gens ne réagissent pas, ils rient, ils parlent. Les physiciens se regardent avec stupeur. Hahn pleure. Ils sentent le souffle d’un métro qui passe.